Les tripes de Paname

par Charbel

 

 

Combien de fois j'ai assisté à: "cinq heure, Paris s'eveille",

L'extinction des lampadaires, quand s'éclaire le ciel.

Du jour qui s'lève derrière la grande dame de Paname,

cette carcasse de fer de d'moiselle Effel,

Aux canes et fils de nylon des pêcheurs d' la Seine.

Du déboulage des éboueurs, d'l'odeur du déballage du poiscaille su'l'chémar.

 

Ouais ! c'est encore une matinée dans les tripes de Paname.

 

 

Comme tous Parigots à l'accent banlieusard,

J'ai usé mes semelles sur l'asphalte

D'une heure à cinq heure du mat.

J'avoues qu'c'est pas toujours le panard

Sur Paname quand on joue au chat d'gouttière qui kiffe l'ombre du soir.

Des fumeurs de Stalincrack,

D'l'exploitation des putes par leur mac

Au charclo qui tousse et qui craque.

De : « Ouais, ouais ! passe le joint, »

Aux embrouilles à coup d'surin,

Jusqu'au jeune d'mon age qui demande une pièce pour sa faim.

 

Comme toute grande métropole

Elle est atteinte du syndrome de Babylone :

Elle enrichit, grossit les Ernest, les barons, la bourgeoisie et l'aristocratie au détriment des nécessiteux. 89 ! 89 c'est pas fini.

C'était pour les ptits Gavroches qui contrataquent le côté obscure de Paname.

 

 

Ca circule, ça grouille, ça pullule dans les veines, les tunnels et les gaines pour faire battre le cœur de Paname.

Le jour, tous les jours ça fait la gueule, ça pu, ça gueule

Pour s'affirmer dans une vie de métro, boulot, dodo.

Dodo ! dodo quand la ville dort,

On nettoie et on garde les rails et ses couloirs

Des pousseurs de cailloux qui changes ces galeries en art.

C'était pour tous les fugitifs, artistes indépendants de Paname.

 

 

 

J'aime Paname et mon tiéquart.

D'ces bancs d'squares qui m'ont vu grandir,

Jusqu'à ces bancs publics sur lesquels mes fleurs sont devenues des souvenirs.

J'vois encore ce banc où j'ai croqué une crêpe avec Babette,

Un autre les caresses sous l'T-shirt avec Agnesse,

Les discutions métaphisico-intellectuelles avec Marielle,

Les danses magiques entre la pénombre et la lumière des réverbères.

Y'a la rue Joséphine, le banc Cathie, le quai Jasmine

Et puis y a Marie, y a Anne

Et ici ou la en compagnie de Marie-Jeanne.

 

C'est pour les silhouettes de charme,

Des j't'aime, des frissons aux larmes

Qui coulent dans les tripes de Paname.

 

 





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